Mes médecins ne m’autorisent pas à jeûner. 

Au contraire, la douzaine de médicaments qu’ils m’ont prescrits pour aider à combattre mon cancer en phase terminale, doivent pour beaucoup être pris avec de la nourriture, et rendent quasiment impossible de rater ne serait-ce qu’un repas dans la journée. C’est un autre domaine dans lequel le cancer affecte ma vie quotidienne, qui nous a forcé, ma famille et moi, à adapter notre façon à nous d’obéir à cette loi.

Même si je ne suis pas physiquement capable de me passer de nourriture et de faire un « jeûne correct », j’ai appris qu’il y a d’autres choses que je peux faire pour être dans le bon esprit du jeûne et de la prière, même quand mon corps physique m’empêche de jeûner en respectant les règles à la lettre.

 

 1.  Prier

Joseph B. Wirthlin a dit : « Le jeûne est presque toujours associé à la prière. Sans la prière, le jeûne n’est pas complet, c’est simplement avoir faim. Si nous voulons que notre jeûne soit plus que simplement avoir faim, nous devons élever notre cœur, notre esprit et notre voix en communion avec notre Père céleste. Associé à la prière fervente, le jeûne, est puissant. Il peut nous remplir l’esprit des révélations de l’Esprit. Il peut nous fortifier pour les périodes de tentations 1 ».

Je ne peux même pas « juste avoir faim » le dimanche de jeûne. La prière m’est à fortiori nécessaire ! Dans l’esprit du jeûne, je m’efforce de commencer la journée avec une prière ciblée pour des familles précises ou des personnes dans le besoin, comme si je faisais un vrai jeûne. Même si mon corps ne me permet pas de me passer de nourriture, la prière peut instiller l’esprit du jeûne en moi. 

 

2.  Manger léger

Je choisis de consommer de la nourriture simple quand le reste de ma famille jeûne. Je choisis des choses qui ne demandent pas d’effort à préparer ou à cuisiner. Cette simplicité m’aide à me souvenir que je mange seulement par nécessité. Cela m’aide à garder le bon esprit de cette journée. 

 

3.  Instruire mes enfants sur le fait de jeûner

C’est compliqué de demander à mes enfants de faire quelque chose de difficile, comme jeûner, quand je ne le fais pas moi-même. « Fais ce que je dis, pas ce que je fais » n’est pas la meilleure méthode d’éducation. Heureusement, mes enfants m’ont accompagnée dans mon parcours contre le cancer et comprennent les nombreuses difficultés dont il est jonché. Une fois que je leur ai expliqué pour quelles raisons je devais manger et que je les ai fait participer à la prière ciblée, ils ont plus facilement accepté.

Mes enfants sont encore assez jeunes, nous n’attendons donc pas encore d’eux qu’ils fassent un jeûne complet, mais notre aîné qui s’est baptisé il y a peu de temps, a commencé. Nous expliquons aussi aux deux plus jeunes qu’ils ne peuvent pas prendre de goûter à l’église ce jour-là, et que nous donnons l’argent que nous avons économisé aux gens qui en ont besoin. J’espère que faire ma part pour instruire mes enfants invitera l’esprit du jeûne dans notre foyer. Comme Elder Wirthlin l’a promis : « En jeûnant dans un bon esprit et à la manière du Seigneur nous recevrons de l’énergie spirituelle, nous deviendrons davantage maîtres de nous-mêmes, nous remplirons notre foyer de paix, notre cœur se gonflera de joie, nous serons fortifiés contre la tentation, nous serons préparés pour les temps d’adversité et nous ouvrirons les écluses des cieux ² ». Nous voulons aussi ces bénédictions pour nos enfants. 

 

4.  Payer une offrande de jeûne généreuse

On peut penser que c’est de la triche de payer une offrande de jeûne alors qu’on ne se prive pas de nourriture. Cependant, je crois que cela me permet de garder l’esprit du jeûne alors que je ne peux pas vraiment le faire. Je ne peux pas sacrifier ma faim, mais je peux prier et payer une offrande dans l’esprit d’aider les autres. En quoi cela peut-il être une mauvaise chose ? J’aime la façon dont Gordon B. Hinckley l’a présenté : « Qu’arriverait-il si les principes du jour de jeûne et des offrandes de jeûne étaient respectés dans le monde entier ? Les affamés seraient nourris, les nus seraient vêtus et les sans-abris auraient un toit… La sollicitude et la générosité se développeraient dans le cœur des gens de partout 3 ».

Pour certaines personnes il est encore plus difficile de sacrifier de l’argent que de se passer de nourriture, mais c’est ce que je peux faire pour permettre de l’obstacle créé par mon corps dans le processus du jeûne. J’essaie de respecter autant de principes liés à ce jour que je peux, et j’ai la conviction profonde que le Seigneur connait ma situation et mon cœur.

 

5. Ne pas m’en vouloir

Je n’y peux rien si j’ai une maladie grave. Ce ne serait pas intelligent d’arrêter de prendre mes médicaments juste pour pouvoir jeûner. C’est un commandement auquel je dois renoncer sans me sentir coupable. Si je pouvais le faire, je jeûnerais, et il n’y a pas de raison que je me sente mal à cause de cela.
Jeûner est un commandement, mais seulement pour les personnes qui en sont capables physiquement. Au sujet de notre jeûne mensuel, Joseph F. Smith a dit : « Le Seigneur a institué le jeûne sur une base raisonnable et intelligente. … Ceux qui le peuvent doivent s’y conformer ; c’est un devoir auquel ils ne peuvent pas échapper. … C’est une affaire de conscience pour le peuple, où il peut exercer sa sagesse et sa discrétion. … Mais ceux qui le peuvent doivent jeûner. … Nul n’en est exempt ; c’est requis de tous les Saints, jeunes et vieux, dans toutes les parties de l’Eglise ».

Peut-être qu’un jour mon traitement sera modifié, et je pourrais alors faire un jeûne normal. D’ici là, je continuerai à faire de mon mieux en espérant recevoir les bénédictions promises. Spencer W. Kimball a écrit : « Le Seigneur fait de grandes promesses aux personnes qui jeûnent et aident les nécessiteux. … L’inspiration et la direction spirituelle seront données à celles qui sont justes et proches de notre Père céleste ».

Quand les prophètes parlent de « grandes promesses » du Seigneur pour ceux qui jeûnent, j’écoute, parce que j’ai besoin de toutes les bénédictions qui peuvent venir d’en haut. Henry B. Eyring a décrit en détail ces bénédictions quand il a expliqué : « La brève période de jeûne que nous observons chaque mois et la petite somme que nous donnons pour les pauvres peuvent ne produire en nous qu’une petite portion du changement de nature qui fait que nous n’avons plus de désir de faire le mal. Mais une promesse merveilleuse nous est faite, si nous faisons tout ce que nous pouvons raisonnablement, pour prier, jeûner et faire un don pour les nécessiteux, alors cette promesse s’accomplira 6 :

« Ta lumière poindra comme l’aurore, et ta guérison germera promptement ; ta justice marchera devant toi, et la gloire de l’Éternel t’accompagnera.

« Alors, tu appelleras, et l’Éternel répondra ; tu crieras, et il dira : Me voici ! » (Ésaïe 58:8-9)

 

Pour l’instant, tout ce que je peux raisonnablement faire est de m’efforcer d’être dans l’esprit du jeûne, même si mon corps ne me permet pas de me passer de nourriture. 



Références :

1, 2. Joseph B. Wirthlin, « La loi du jeûne », Le Liahona, juillet 2001.

3. « The State of the Church », Ensign, mai 1991, p. 52–53.

4. « Doctrine de l’Évangile ».

5. Spencer W. Kimball, « Le miracle du pardon ».

6. Henry B. Eyring, « Voici le jeûne auquel je prends plaisir », Le Liahona, mai 2015, italiques ajoutés.

 


Article écrit par par Melodee Cooper et publié sur Aggieland Mormons sous le nom de MY BODY WON’T LET ME FAST: 5 WAYS I DO MY BEST, ANYWAY. Traduction par Christine.