SALT LAKE CITY — Au milieu de la controverse tourbillonnante autour de l’ordonnance exécutive de Trump pour bannir les réfugiés en provenance de sept pays musulmans, l’Eglise des Saints des Derniers Jours a émis une déclaration [NdT : en anglais] dans la nuit de samedi dernier, exhortant à rechercher des solutions pour soulager la souffrance des réfugiés.

« L’Eglise de Jésus Christ des Saints des Derniers Jours est soucieuse du bien être temporel et spirituel de tous les enfants de Dieu, à travers le monde », indiquait la déclaration, « avec une inquiétude spécifique pour ceux qui fuient la violence physique, la guerre, et les persécutions religieuses. L’Eglise exhorte toutes les personnes et gouvernements à coopérer complètement afin de trouver les meilleures solutions pour répondre aux besoins humains et soulager les souffrances ».

Vendredi après midi, Trump a signé une ordonnance exécutive qui suspend le programme américain de réinstallation des réfugiés, pour les quatre prochains mois. Cette ordonnance a également réduit le nombre de réfugiés que les Etats-Unis accepteront cette année, à 50 000, contre les 110 000 présentés par le président Barack Obama.

Un juge fédéral a bloqué l’ordonnance en partie [NdT : en anglais] ce samedi.

L’ordonnance interdit indéfiniment l’entrée sur le sol américain pour les réfugiés syriens, et bloque l’entrée à tous ceux en provenance de pays concernés par le terrorisme pour 90 jours. Le Département d’Etat a déclaré que ces pays sont principalement des nations musulmanes, Iran, Irak, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen.

Ceci a mené différentes confessions de foi à travers les Etats Unis à exprimer leurs préoccupations concernant la liberté de religion.

C’est la deuxième fois que l’Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours répond à un appel de Trump pour bloquer l’immigration.

Les dirigeants de l’Eglise ont émis une forte déclaration  [NdT : en anglais] en décembre 2015 peu de temps après que le président Trump, pendant la campagne électorale, a demandé l’interdiction de l’immigration musulmane aux Etats Unis.

Comme pour la déclaration de samedi, la déclaration de décembre 2015 n’a pas nommé le président Trump ou cité spécifiquement la controverse, mais a indiqué que si la foi est neutre concernant les partis politiques et les campagnes électorales, « elle n’est pas neutre par rapport à la liberté de religion ».

Elle s’est appuyée sur deux déclarations du fondateur de l’église, Joseph Smith, pour réaffirmer sa position de longue date sur le soutien du pluralisme religieux.

En 1841, Smith était le maire de la ville majoritairement Mormone de Nauvoo, Illinois, lorsqu’il a fait passer une ordonnance sur la liberté religieuse, qui protégeait les droits de toutes les confessions. En 1843, Joseph Smith a dit qu’il était prêt à mourir pour défendre les droits à la liberté de religion de toute personne, quelque soit sa foi.

En septembre, Elder Jeffrey R. Holland du collège des douze apôtres a demandé aux gouvernements de faire plus pour aider les réfugiés. Il a dit :

« Les gouvernements d’aujourd’hui ne répondent pas au problème des réfugiés de façon assez urgente, ni à une échelle assez grande ».

Il a dit aussi que la situation critique des 60 millions de réfugiés du monde devrait provoquer plus d’outrage.

« Le monde a besoin d’être plus outragé qu’il ne l’est maintenant », a t’il déclaré, « lorsque nous lisons la persécution, la violence, la violence sexuelle, le meurtre, le viol, la destruction des familles et de toutes les structures sociales que ces personnes possédaient, des cultures presque entièrement détruites. »

Finalement, Elder Holland a fait une référence claire au programme religieux « J’étais un étranger« , qui a  débuté ce printemps. Le programme a demandé aux membres de l’Église, et particulièrement aux femmes de la société de secours, d’aider les réfugiés à reconstruire leurs communautés.

« Nous devons encourager les citoyens locaux à accueillir (les réfugiés) dans leurs vies quotidiennes », a-t-il dit.


Article original sur Deseret News, traduit par David Georges