Vision VI : La gloire téleste

Rappelez-vous que les personnes célestes reçoivent le témoignage de Jésus et aussi de l’alliance de l’Evangile et que les personnes terrestres reçoivent le témoignage de Jésus mais pas l’alliance de l’Evangile, nous apprenons maintenant ce qu’il en est des habitants du monde téleste : “Ce sont ceux qui n’ont pas accepté l’Evangile du Christ ni le témoignage de Jésus” (D&A 76:82; voir aussi le verset 101). Ils “ne renient pas l’Esprit-Saint” (D&A 76:83). C’est-à-dire que leur méchanceté n’est pas telle qu’elle les mène à une perdition totale; ils n’ont pas commis le péché impardonnable mais ils sont “précipités en enfer” (D&A 76:84); au moment de leur mort sur terre, ils entrent dans ce domaine de la sphère post-mortelle que nous connaissons sous le nom de l’enfer, ou prison spirituelle, et sont confrontés à leur immoralité (2 Néphi 9:10–12; Alma 40:13–14). Ceux-ci ne ressuscitent pas jusqu’à la dernière résurrection, jusqu’à la fin du millénium, “lorsque le Seigneur, l’Agneau, aura terminé son oeuvre” (D&A 76:85).

Comme c’est le cas pour les autres royaumes de gloire, il y a de nombreuses classifications de personnes télestes. Ceux-ci sont ceux qui “sont de Paul, d’Apollos et de Cephas. Ce sont ceux qui se disent, les uns de celui-ci, les autres de celui-là, les uns du Christ, les autres de Jean, d’autres de Moïse, d’autres d’Esaïas, d’autres d’Esaïe et d’autres d’Hénoc, mais qui n’ont pas accepté l’Evangile, ni le témoignage de Jésus, ni les prophètes, ni l’alliance éternelle” (D&A 76:99–101). D’autre part, le royaume téleste est la dernière demeure des menteurs, sorciers, adultères et fornicateurs, et, comme l’apôtre Jean l’a appris, de meurtriers (D&A 76:103; Apocalypse 21:8; 22:15).

Finalement, cette partie de la vision donne un autre détail que les habitants du monde téleste seront “aussi innombrables que les étoiles du firmament, ou que le sable au bord de la mer” et que ces habitants seront “les serviteurs du Très-Haut ; mais là où Dieu et le Christ demeurent, ils ne peuvent aller, aux siècles des siècles” (D&A 76:109, 112).

Bien que le royaume téleste soit le plus bas des royaumes de gloire, les habitants de cette gloire seront “héritiers du salut” dans un monde qui “défie toute compréhension” (D&A 76:88–89). Selon les Écritures, le terme salut signifie presque toujours exaltation ou vie éternelle (D&A 6:13; 14:7; Alma 11:40). Cependant il y a certains endroits, dans les Écritures, où le salut fait référence à autre chose que l’exaltation et ici, c’est l’un d’entre eux (voir aussi, par exemple, D&A 132:17). Notre Seigneur cherche à sauver tous ses enfants pour qu’ils aient le salut éternel. Et il le fait, en permettant que tous sauf les fils de perdition finissent par hériter d’un royaume de gloire (D&A 76:43). En fait, Elder Charles W. Penrose a expliqué la chose suivante au sujet du royaume téleste  : “Aussi longtemps qu’il y a une âme de cette race, disposée et capable d’accepter et d’obéir aux lois de la rédemption, où qu’elle soit et quelle que soit la situation dans laquelle elle se trouve, l’œuvre du Christ sera incomplète jusqu’à ce que cet être ne soit élevé de la mort et de l’enfer, et placé dans une position de progression, vers les cieux, dans une gloire telle qu’elle puisse être pour sa joie et au service du grand Dieu.

“La punition infligée sera à la hauteur des maux accomplis. Dans un sens, le pécheur souffrira toujours des effets de son péché. Lorsque la dette est payée et la justice est satisfaite; lorsque l’obéissance est apprise grâce aux leçons de ces tristes expériences; lorsque l’âme reconnaissante et douce émerge de la punition éternelle, entièrement disposée à  respecter les lois autrefois rejetées; il y aura un sentiment durable de perte. La plénitude de la gloire dans la présence et la compagnie de Dieu et de l’Agneau vont au-delà de la portée de cette âme sauvée mais non-parfaite, pour toujours. Le pouvoir d’accroissement dans lequel se trouvent la domination, l’exaltation et les couronnes de gloire incommensurable, n’est pas pour le genre d’êtres qui ont été précipités en enfer et qui subissent la colère de Dieu pendant la période donnée par le jugement éternel …

“Ils ne peuvent pas entrer en présence du Père ni recevoir de la présence du Fils, mais ils seront aux bons soins des messagers du monde terrestre et auront une joie qui dépassent toutes attentes et compréhension d’esprits mortels qui n’écoutent pas l’Esprit. Ils plieront tous le genou devant le Christ et serviront Dieu, le Père, et auront une éternité de service et de joie en harmonie avec les pouvoirs supérieurs. Ils reçoivent la gloire téleste.”

Il n’est pas rare que quelqu’un qui n’est pas de notre religion remette en question l’idée de “plus d’un paradis” comme étant bizarre ou non-biblique voire inutile. Mais à quel point est-ce bizarre, au juste? À quel point est-ce étrange, à quel point cette croyance en différents degrés de récompenses dans l’au-delà est-elle insolite? St. Augustin, qui a probablement exercé l’influence la plus significative sur la théologie catholique et protestante, a écrit : “Mais qui peut concevoir, pour ne pas dire décrire, quels degrés d’honneur et de gloire seront accordés comme récompensés aux différents degrés de mérite? Pourtant on ne peut pas nier qu’il y a doit y avoir des degrés. Et si dans cette ville sainte il y a la grande bénédiction qu’aucun inférieur n’envie un supérieur, alors les anges n’envient pas les archanges, car personne ne souhaitera être ce qu’il n’a pas reçu.”

Lors du premier grand réveil religieux aux USA, l’un des premiers théologiens américains, Jonathan Edwards, a déclaré : “Il y a plusieurs demeures dans la maison de Dieu car le paradis est prévu pour différents degrés d’honneur et de sainteté. Certaines sont conçues pour y régner dans des lieux supérieurs aux autres; d’autres sont conçues pour être avancés à des degrés supérieurs d’honneur et de gloire que les autres.” De même, John Wesley, l’un des pères du méthodisme, a parlé de certaines personnes jouissant de “degrés supérieurs de gloire” dans l’au-delà : “Il y a une diversité inimaginable dans les degrés de récompense dans l’autre monde. … Dans ce monde-ci, les hommes ont l’ambition d’arriver aussi haut qu’ils le peuvent. Les chrétiens ont une ambition bien plus noble. La différence entre l’état le plus haut et l’état le plus bas dans ce monde n’est rien comparée à la plus petite différence entre les degrés de gloire.”

Cette vision est un oracle remarquable. Joseph Smith a déclaré : “Rien de ce qui concerne le royaume du Seigneur ne pourrait être plus agréable pour les saints que la lumière qui a jailli sur le monde grâce à la vision précitée.” Le Prophète l’a décrite ainsi : “[ce] document est une transcription des registres du monde éternel. Le caractère sublime des idées, la pureté de la langue, le domaine laissé à l’action … se situent tellement au-delà de l’étroitesse de vue des hommes que tout homme honnête est contraint de s’exclamer : ‘Elle vient de Dieu.’”

CONCLUSION

Le Prophète Joseph Smith et Sidney Rigdon ont reçu la vision des gloires en février 1832. Dieu a continué de donner des révélations, de révéler son plan et la doctrine du salut, précepte après précepte, lors des douze années du ministère mortel du Prophète et, par la suite, à ses successeurs. Peu de temps après la venue d’Élie et le rétablissement des clés de scellement et de la plénitude de la prêtrise en avril 1836, le Prophète a présenté aux saints la doctrine et la pratique du mariage céleste. Il a enseigné que “il y a, dans la gloire céleste, trois cieux ou degrés. Pour obtenir le plus haut, l’homme doit entrer dans cet ordre de la prêtrise [à savoir : la nouvelle alliance éternelle du mariage]; sinon, il ne peut l’obtenir. Il peut entrer dans l’autre, mais c’est là la fin de son royaume ; il ne peut avoir d’accroissement” (D&A 131:1–4). Ou, comme le Prophète l’a déclaré autrement : “Si un homme et sa femme ne contractent pas une alliance éternelle et ne sont pas mariés pour l’éternité par le pouvoir et l’autorité de la Sainte Prêtrise pendant qu’ils sont dans cette épreuve, ils cesseront de s’accroître quand ils mourront; c’est-à-dire qu’ils n’auront pas d’enfants après la résurrection. Mais ceux qui sont mariés par le pouvoir et l’autorité de la prêtrise dans cette vie et continuent sans commettre le péché contre le Saint-Esprit continueront à s’accroître et à avoir des enfants dans la gloire céleste.”

Il y a réellement de nombreuses demeures dans le Royaume du Père (Jean 14:1–2), et le Saint d’Israël a pris des mesures pour son peuple afin qu’ils atteignent le niveau de gloire dans l’au-delà qu’ils sont disposés à recevoir. En décrivant la nature novatrice de cette vision, Richard Bushman a souligné que “l’écart le plus radical de ‘la Vision’ n’était pas le paradis en trois parties mais la contraction de l’enfer. … La doctrine donne un nouveau rôle à la vie après la mort.” Dans cette vision, “un enfer permanent menacent très peu de personnes [les fils de perdition]. La question n’est pas d’échapper à l’enfer mais de se rapprocher de Dieu. Dieu a détaillé les récompenses en fonction de la capacité de chaque personne.”

Il y a là un message d’espoir, une bouffée d’air frais, parmi les vents impétueux des théologies intolérantes, une doctrine qui démontre la miséricorde et la sagesse de notre Divin Rédempteur.

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La version originale de cet article a été écrite par Robert L. Millet, publiée sur ldsliving.com, sous le titre « What We Know About the Degrees of Glory from Joseph Smith’s Visions » Français ©2017 LDS Living, A Division of Deseret Book Company | English ©2017 LDS Living, A Division of Deseret Book Company