« Je suis enfant de Dieu, et il m’a mis ici » (Cantique 193). « Nous sommes les filles de notre Père céleste, qui nous aime et que nous aimons » (Thème des Jeunes Filles). Depuis la Primaire et tout au long de notre vie, nous chantons et apprenons que nous sommes des enfants de Dieu. Cette connaissance est tellement enracinée en nous que nous supposons que tout le monde le croit. En fait, cette doctrine qui dit que nous sommes littéralement les enfants d’esprit de Dieu est une doctrine exclusive des Saints des Derniers Jours que ne partage pas le reste du monde religieux. Elle est non seulement exclusive, mais elle est aussi la base de tout ce que nous croyons à propos de Dieu et du Plan du salut. Les Saints des Derniers Jours devraient comprendre comment nous avons appris cette magnifique vérité, et pourquoi les autres ont choisi de la rejeter.

Ce que les croyances disent que nous sommes

Une des raisons principales du rejet de cette doctrine par le monde chrétien tient dans ses croyances sur la nature de Dieu. Jeffrey R. Holland les a ainsi expliquées :

« En 325, l’empereur romain Constantin a réuni le Concile de Nicée pour traiter, entre autres choses, de la question de plus en plus controversée de la prétendue « unité de la Trinité ». Ce qui a résulté des débats mouvementés entre hommes d’église, philosophes et dignitaires ecclésiastiques a pris (après encore 125 ans et trois grands conciles) le nom de Credo de Nicée, avec des reformulations ultérieures comme le Credo d’Athanase. Ces diverses évolutions et répétitions de credo, ainsi que d’autres au cours des siècles suivants, déclaraient que le Père, le Fils et le Saint-Esprit étaient des êtres abstraits, absolus, transcendants, imminents, consubstantiels, coéternels et impossibles à connaître, sans corps ni partie ni passion, demeurant en dehors de l’espace et du temps.

« Selon ces credo, les trois membres de la Divinité sont des personnes séparées mais sont un seul être ; c’est le si souvent mentionné « mystère de la Trinité ». Ils sont trois personnes distinctes mais un seul Dieu. Les trois personnes sont incompréhensibles mais sont un seul Dieu qui est incompréhensible. Nous sommes d’accord avec nos détracteurs au moins sur ce point : cette formulation de la divinité est véritablement incompréhensible » (Jeffrey R. Holland, Le Liahona, Nov. 2007, italiques ajoutées).

La plupart des Saints des Derniers Jours comprennent que cette vision de Dieu est éminemment différente de notre propre croyance en un Dieu qui a un corps physique (D&A 130:22), mais beaucoup ne saisissent pas tout ce que cela implique. Selon la définition du credo chrétien, non seulement Dieu est un être d’esprit sans corps physique (comme nous voyons le Saint-Esprit), mais il n’a pas non plus de forme du tout. La formule consacrée est qu’il est « sans corps ni partie ni passion » (Confession de foi de Westminster). Cela implique que Dieu est un esprit sans forme qui ne ressemble en rien à l’homme. Nous ne sommes pas littéralement créés à l’image d’un tel Dieu. Par conséquent, il ne peut pas être littéralement notre Père céleste puisqu’il ne nous ressemble pas du tout.

Comme l’a expliqué un historien membre de l’Église, « Depuis le cinquième siècle, l’orthodoxie chrétienne avait creusé un gouffre quasiment infranchissable entre le Créateur et ses créations. Les chrétiens en étaient venus à croire que le genre humain avait été créé à partir de rien. Dieu n’était plus un artisan qui avait remodelé des matériaux existants, mais il était totalement différent et séparé de ses créations, un être mystérieux et inaccessible. La description faite dans la Bible de la relation parents-enfants nous reliant à Dieu était essentiellement perçue comme une métaphore plutôt qu’un lien de parenté littéral. Car ce lien, selon la plupart des penseurs chrétiens, soit abaissait Dieu de façon blasphématoire, soit élevait dangereusement l’Homme. (Matthew McBride, Révélations dans leur contexte, D&A 93).

Nous voyons là que le principal problème avec ce credo n’est pas seulement qu’il définit Dieu sans corps physique, mais qu’il sépare l’homme de Dieu en ne le définissant pas comme étant notre Père céleste. La paternité est au centre de tout ce que Dieu est et de tout ce qu’il a révélé de lui. En effet, « il est significatif que de tous les titres de respect, d’honneur et d’admiration, c’est celui de Père » que Dieu « nous ait demandé d’utiliser » (Father, Consider Your Ways, brochure, 1973, p. 2). Comme le dit notre premier Article de foi, « Nous croyons en Dieu, le Père éternel » (italiques ajoutées). Redéfinir Dieu à un esprit sans corps ni partie ni passion, c’est lui refuser sa paternité et l’éloigner de ce qui lui est le plus cher, ses enfants.

En reniant la véritable paternité de Dieu, le credo nous vole aussi nos droits de naissance en tant que fils et filles de Dieu. Parce que si Dieu n’est pas réellement notre Père céleste, alors nous n’avons aucun droit d’aspirer à devenir comme lui. Puisque c’est sur cette notion simple que tout le Plan du salut est basé, cette fausse doctrine a fait plus pour détruire la compréhension du plan de Dieu que toutes celles jamais imaginées. C’est certainement l’une des raisons pour lesquelles Dieu est apparu en personne à Joseph Smith, pour qu’il puisse révéler à l’humanité qui il est vraiment et par conséquent qui nous sommes vraiment. Est-ce étonnant qu’à cette occasion Dieu ait déclaré que « tous leurs credo étaient une abomination à ses yeux » ? (Joseph Smith Histoire 1:19).

être un enfant de Dieu : ce que nous sommes et ce que nous pouvons devenir

Qui nous sommes vraiment

Bien que les révélations de la Bible, du Livre de Mormon et de la Perle de Grand Prix se réfèrent toutes à l’humanité en tant qu’enfants de Dieu, ces déclarations ne font qu’indiquer la signification complète et littérale de ce terme. Cette doctrine a été clairement révélée pour la première fois dans cette dispensation dans Doctrine et Alliances 93. Après que le Christ a révélé qu’il avait eu une vie prémortelle « au commencement avec le Père » comme « Premier-né », il a ensuite révélé que nous étions « aussi au commencement avec le Père » en tant qu’« esprit » (D&A 93:21,23). Cette déclaration simple révèle qu’avant de venir sur cette terre, nous avions une existence prémortelle dans les cieux et nous étions littéralement les enfants d’esprit de Dieu.

Bien que ce soit une doctrine de base que nous avons entendue toute notre vie, c’est dans ce verset qu’elle a été révélée pour le première fois. Ce verset implique aussi que si le Christ était le premier-né, alors nous étions aussi engendrés, nés et élevés comme les enfants d’esprit de Dieu. Ceci fut confirmé par une déclaration de la Première présidence qui expliqua : « La doctrine de la préexistence, si clairement révélée, particulièrement dans les derniers jours, éclaire de manière merveilleuse le problème jusque-là mystérieux de l’origine de l’homme. Elle montre que l’homme, en tant qu’esprit, a été engendré et est né de parents célestes, et a été élevé jusqu’à maturité dans les demeures éternelles du Père, avant de venir sur la terre » (Joseph F. Smith, 1909 Première présidence, L’origine de l’homme).

La doctrine est claire. Nous avons littéralement été engendrés et sommes nés en tant qu’enfants d’esprit de Dieu et été élevés dans l’éternité par notre Père et notre Mère célestes. La Proclamation au monde sur la famille confirme et développe cette vérité en affirmant que « Tous les êtres humains, hommes et femmes, sont créés à l’image de Dieu. Chacun est un fils ou une fille d’esprit aimé de parents célestes, et, à ce titre, chacun a une nature et une destinée divines. Le genre masculin ou féminin est une caractéristique essentielle de l’identité et de la raison d’être individuelle prémortelle, mortelle et éternelle » (« La famille, Déclaration au monde », Le Liahona, Oct. 2004, p. 49).

La révélation de D&A 93 continue d’expliquer que nos esprits n’ont pas été créés à partir de rien, comme beaucoup l’ont supposé, mais qu’ils ont été fait à partir « d’intelligence » qui « n’a été ni créée ni faite et ne peut assurément pas l’être » (D&A 93:29). Bien qu’il y ait de nombreuses spéculations au sujet de la nature de cette intelligence éternelle, la définition officielle de l’Église la décrit simplement comme « l’élément spirituel qui existait avant que nous ne soyons engendrés comme enfants spirituels de Dieu » (Intelligence, Guide des écritures). Apparemment, cette « matière immatérielle » (D&A 131:7), est une substance divine (D&A 93:36), et c’est de cette matière que nos esprits ont été créés quand nous sommes nés enfants spirituels de Dieu.

Par conséquent, Abraham appelle les enfants d’esprit de Dieu « les intelligences qui furent organisées avant que le monde fût  … car il se tint parmi ceux qui étaient esprits » (Abraham 3:22,23, italiques ajoutées ; « Intelligences » dans ce verset est officiellement définit comme « enfants spirituels de Dieu » dans le Guide des écritures et comme «personal spirits » par la Première présidence en 1916, voir Ensign d’avril 2012. Voir aussi la note de bas de page 22a de Abraham 3, « Homme, un enfant d’esprit de Père céleste »).

Bien qu’à un moment de l’éternité nous soyons nés spirituellement de Dieu, nous sommes tout de même légitimement appelés des êtres éternels. Comme l’a expliqué Dieter F. Uchtdorf, « Nous avons l’étoffe de l’éternité. Nous sommes des êtres éternels, enfants du Dieu Tout-Puissant, dont le nom est Infini et qui nous promet des bénédictions éternelles sans nombre. Les choses qui ont une fin ne sont pas notre destinée » (Le Liahona, mai 2014).

De tout cela nous apprenons pour quelles raisons nous sommes dûment appelés des « êtres éternels », notamment parce que nos esprits ont été créés à partir de matière éternelle, nous sommes les enfants de Parents éternels, et nous vivrons éternellement. Une autre raison qui justifie notre nature éternelle est que nous sommes nés en tant qu’esprits dans l’éternité prémortelle et d’après notre perspective mortelle limitée, c’est comme si nous avions toujours existé. Effectivement, c’est comme si nous n’avions pas eu de commencement puisque nous « existions avant » le commencement de cette terre, et nous « existerons après » la fin de cette terre, le terme « éternels » s’applique donc bien à notre état en langage scripturaire (Abraham 3:18).

une petite fille qui dort: elle est une enfant de Dieu

Ce que nous pouvons devenir

Cette doctrine qui nous apprend que nous sommes littéralement les enfants spirituels de Dieu est une vérité qui nous ennobli et nous inspire à reconnaître notre potentiel divin. Comme l’a expliqué un ancien professeur de religion à BYU : « Savoir qui est Dieu est savoir ce que l’homme est et ce qu’il peut devenir. La perte de cette connaissance en dit long sur la détresse de l’humanité. L’homme, comme l’eau, ne peut s’élever plus haut que d’où il est parti. Si le nombre d’hommes et de femmes qui choisissent de se vautrer dans la fange de la sensualité ne cesse de s’accroître, nous ne devons pas oublier qu’on leur a enseigné que la race humaine a été engendrée dans cette fange. Nous n’avons que peu de désir d’atteindre les étoiles si nous ne croyons pas que c’est de là que nous venons » (Rodney Turner, Studies in Scripture, Vol. 2, The Pearl of Great Price, p. 45 italiques ajoutées).

Quand nous comprenons que nous venons des cieux, que nous sommes les enfants spirituels de Dieu, cela instille en nous le désir d’y retourner et de devenir comme nos Parents célestes. Ce n’est pas par hasard que la révélation qui nous enseigne d’abord que nous sommes les enfants d’esprit de Dieu, révèle aussi que le culte suprême ne consiste pas seulement à adorer Dieu ou même à le prier, mais à devenir comme notre Père céleste, tout comme Jésus-Christ l’a fait.

Le Seigneur a expliqué : « Je vous donne ces paroles afin que vous compreniez et sachiez comment adorer et sachiez ce que vous adorez, afin que vous veniez au Père en mon nom et receviez sa plénitude en temps voulu. Car si vous gardez mes commandements, vous recevrez sa plénitude et serez glorifiés en moi, comme je le suis dans le Père ; c’est pourquoi, je vous le dis, vous recevrez grâce sur grâce » (D&A 93:19-20).

Cette vérité simple et basique que nous sommes les enfants spirituels de Dieu avec la capacité de devenir comme lui est au centre du Plan du salut. Quand notre Sauveur Jésus-Christ nous invite à le suivre, c’est là qu’il essaie de nous amener, à devenir comme Dieu, tout comme il l’a fait ! Aussi incroyable qu’une telle éventualité puisse nous paraître, elle est possible justement parce que nous sommes les enfants de Dieu.

Comme l’a expliqué un jour la première présidence, « L’homme est enfant de Dieu, formé à son image divine et doté d’attributs divins, et, de même que nouveau-né d’un père et d’une mère terrestres, il est capable au moment voulu de devenir un homme, de même, descendant non développé de parents célestes, par l’expérience acquise au cours du temps et des éternités, il est capable de devenir un Dieu » (« The Origin of Man, by the First Presidency of the Church », p. 81). Puissions-nous toujours nous rappeler l’immense pouvoir contenue dans cette vérité simple : Je suis enfant de Dieu.

 


Article écrit par Mark A. Mathews pour Meridian Magazine sous le titre I am a child of God, How this simple belief sets latter-day saints apart